aesh un statiut et un salaire digne

« AESH : en conquête de droits »

Sous la pression des mobilisations, le gouvernement ouvre le chantier du statut des AESH. Mais l’hypothèse de fonctionnariser 20 % des effectifs est insuffisante. Une vraie reconnaissance s’impose.

Quelle reconnaissance pour quel métier ?

La question du statut des AESH s’est enfin imposée dans le débat public, non par volonté gouvernementale, mais grâce aux mobilisations opiniâtres des personnels et à l’intervention syndicale. Sous pression, le ministère a dû annoncer la tenue de groupes de travail en mai et juin, ouvrant une séquence décisive.

Cependant, les premières annonces ministérielles sont loin de répondre aux véritables enjeux. L’hypothèse d’une fonctionnarisation évoquée ne concernerait au maximum que 20 % des effectifs. Une telle mesure partielle laisserait perdurer la précarité pour la majorité des personnels.

Aujourd’hui, les AESH sont devenues indispensables au sein d’un système éducatif sous tension. L’inclusion scolaire se déploie dans un contexte alarmant : démantèlement des RASED, manque de personnels médico-sociaux et généralisation des PIAL. Ce métier très féminisé subit une précarité structurelle. Temps incomplets imposés, salaires insuffisants, manque de formation : les AESH restent souvent cantonnées à des rôles invisibilisés

de «care ».

Face à cela, la FSU-SNUipp exige la création d’un corps de catégorie B et un temps plein construit autour de 24 heures d’accompagnement. Cette durée vise à reconnaître l’intégralité du travail invisible : concertation, participation aux ESS, échanges, suivi et préparation. Le travail d’AESH ne se résume pas à la présence auprès de l’élève.

Les AESH doivent également dépasser la simple logique de compensation individuelle pour devenir des membres à part entière de l’équipe éducative.

Cette reconnaissance statutaire exige des moyens réels pour l’école inclusive : baisse des effectifs, renforcement des RASED et création de postes. La séquence qui s’ouvre est stratégique et exigera de maintenir un puissant rapport de force syndical pour gagner de nouveaux droits.

Fonctionnarisation : quelles avancées pour les AESH ?

L’hypothèse de fonctionnariser les AESH est un tournant politique. Même limitée, elle valide ce que portent les syndicats : c’est un vrai métier exigeant un statut, des droits et une réelle reconnaissance professionnelle.

Pourtant, limiter cet accès à environ 20 % des effectifs reste très largement insuffisant. Cette réforme partielle risque de maintenir l’immense majorité dans une forte précarité. Mais un verrou idéologique a sauté : l’idée d’un statut est actée.

L’enjeu syndical est de construire un puissant rapport de force pour élargir cette mesure. Catégorie B, temps plein, formation, carrière : rien ne s’obtiendra sans une large convergence avec tous les personnels éducatifs.

retrouvez notre article AESH, piliers de l’école inclusive : https://ua-fsu-snuipp.fr/aesh-piliers-de-lecole-inclusive/